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Congrès canadien sur la santé cardiovasculaire 2009

Dernières nouvelles du Congrès canadien sur la santé cardiovasculaire 2011 de Vancouver, en BC.

Ralentir les cœurs frémissants : Des résultats prometteurs de l’étude à grande échelle ARISTOTLE indiquent qu’un nouveau médicament pourrait révolutionner le traitement de la fibrillation auriculaire, un état pathologique à l’origine de près de 15 % de tous les AVC

Vancouver – Une nouvelle recherche pourrait fort bien révolutionner le traitement de la fibrillation auriculaire (FA), un état pathologique qui touche un quart de million de Canadiens et de Canadiennes et qui risque de toucher encore plus de personnes au cours des prochaines années avec le vieillissement de la population.

La FA est le type le plus courant d’arythmie cardiaque et les personnes qui en sont atteintes courent entre trois et cinq fois plus de risques de subir un AVC que les autres. Il existe depuis peu un nouveau médicament en mesure de lutter contre cet état pathologique.

 « La majorité des patients atteints de fibrillation auriculaire ont besoin d’un anticoagulant. L’anticoagulant actuel est souvent problématique pour les médecins et les patients à cause de ses effets secondaires et de sa marge thérapeutique restreinte », a déclaré le Dr Ezekowitz. « Ce médicament représente un risque de saignement et nécessite une surveillance très serrée, alors que ce nouveau médicament est pris deux fois par jour sans besoin de surveillance. Notre étude montre également qu’il n’est pas seulement équivalent, mais il est meilleur que la warfarine pour prévenir les AVC. Ce sont là des avantages importants. »

Le principal traitement de la fibrillation auriculaire (FA), caractérisée par un rythme cardiaque très irrégulier et rapide, est la warfarine, un anticoagulant très efficace pour prévenir les AVC chez les patients atteints de FA mais qui exige une surveillance intensive obligeant les patients à venir au bureau de leur médecin pour des tests sanguins fréquents. La warfarine comporte des risques de saignements et d’interactions possibles avec divers aliments et médicaments que les patients consomment.

Ce nouveau médicament, l’apixaban, est une nouvelle sorte d’anticoagulant oral connu comme un inhibiteur du facteur Xa et qui a permis d’observer une diminution de la fréquence des AVC (ischémique et hémorragique), des embolies systémiques, des saignements et des décès chez des patients atteints de fibrillation auriculaire. Ces résultats ont été présentés par le Dr Justin Ezekowitz, de l’Université de l’Alberta, lors de la séance de dernière heure sur les essais cliniques du Congrès canadien sur la santé cardiovasculaire 2011, coorganisé par la Fondation des maladies du cœur et la Société canadienne de cardiologie.

« Nous avons un médicament qui permet de réduire les décès et les AVC et qui est plus sécuritaire en termes de saignements, dit le Dr Ezekowitz. Il est également plus facile à utiliser. »

Le Dr Ezekowitz a présenté les résultats de l’étude internationale multicentrique à grande échelle Apixaban for Reduction In Stroke and Other ThromboemboLic Events (ARISTOTLE) sur la fibrillation auriculaire. Il s’agit de la plus grande étude prospective réalisée sur la prévention de l’AVC en cas de fibrillation auriculaire.

L’étude aléatoire portait sur 18 201 patients ayant au moins un facteur de risque supplémentaire d’AVC, comme un âge dépassant les 75 ans, une ischémie cérébrale transitoire ou un AVC précédent, une embolie systémique, une insuffisance cardiaque, une fraction d’éjection du ventricule gauche de moins de 40 %, du diabète ou de l’hypertension.

Les patients provenaient de plus de 1 000 sites dans 39 pays. Leur âge moyen était de 70 ans et 31 % d’entre eux avaient 75 ans ou plus. De ces patients, 19 % avaient déjà fait un AVC, 87 % faisaient de l’hypertension, 28 % avaient une insuffisance cardiaque ou une fraction d’éjection du ventricule gauche réduite et 24 % avaient un diabète sucré.

Le Canada a fourni une très grande cohorte de 1 057 patients, a expliqué le Dr Ezekowitz, qui a dirigé la branche canadienne de l’étude avec le Dr Paul Dorian de l’Université de Toronto.

Les patients ont été divisés de façon aléatoire en un groupe prenant 5 mg d’apixaban deux fois par jour comparativement à un groupe avec une posologie ajustée de warfarine – qui est souvent utilisée pour traiter la FA − en utilisant la technique du double placebo en double aveugle. La surveillance et la modification posologique de la warfarine, ou du placebo de warfarine, tenait compte d’une cible RIN de deux ou trois en utilisant un appareil de soins fonctionnant en aveugle et comportant une fonction de cryptage. « C’était la meilleure conception possible pour une étude clinique », explique le Dr Ezekowitz.

Un peu plus de la moitié des patients (57 %) avaient déjà utilisé de la warfarine avant de commencer l’étude et pour 43 % la warfarine était nouvelle.

Les patients ont été suivis en moyenne pendant 1,8 année.

L’étude a montré que l’apixaban est efficace pour traiter la FA. Il était également meilleur pour réduire la mortalité, toutes causes confondues, et était lié à moins de saignements.

Plus précisément, l’apixaban a réduit les risques d’AVC et d’embolie systémique de 21 %, les saignements importants de 31 % et la mortalité, pour toutes causes confondues, de 11 %.

« Les essais cliniques ont abouti à des avancées majeures pour la gestion de la FA au cours des dernières années » a déclaré le Dr Blair O’Neill, président de la Société canadienne de cardiologie, qui publie les lignes directrices canadiennes sur l’AF à l’intention des cliniciens. « L’AVC est un problème majeur pour la santé publique et dans de nombreux cas, il résulte d’une FA. Ces nouveaux anticoagulants sont des avancées importantes et conviennent à la plupart des patients atteints d’une FA. »

La fibrillation auriculaire est de plus en plus répandue avec le vieillissement de la population, pas seulement au Canada mais aussi dans le monde entier.

On l’observe aussi chez des jeunes à cause de facteurs liés au style de vie, particulièrement le stress. Le nombre de cas augmente aussi parce que les médecins décèlent plus facilement le problème.

Quelques faits sur la fibrillation auriculaire (FA)

  • Les personnes aux prises avec la fibrillation auriculaire courent entre 4 et 5 fois plus de risques d’AVC ischémique que les autres. La FA serait ainsi responsable de 15 à 20 % de tous les AVC ischémiques.
  • La fibrillation auriculaire touche environ 250 000 Canadiens.
  • La fibrillation auriculaire est l’arythmie la plus courante gérée par les médecins des urgences et représente environ un tiers des hospitalisations pour troubles du rythme cardiaque.
  • Les admissions à l’hôpital pour une fibrillation auriculaire ont augmenté de 66 % au cours des 20 dernières années à cause du vieillissement de la population et de la prévalence accrue des maladies du cœur chroniques.
  • Après 55 ans, l’incidence de la fibrillation auriculaire double avec chaque décennie de vie.
  • Après 60 ans, un tiers de tous les AVC sont causés par une fibrillation auriculaire.

Les déclarations et les conclusions des auteurs des études constituent uniquement les opinions des auteurs des études et ne reflètent pas nécessairement les politiques ou les positions de la Fondation ou de la SCC. La Fondation des maladies du cœur du Canada et la Société canadienne de cardiologie n’offrent aucune garantie relative à leur exactitude ou à leur fiabilité.

La Société canadienne de cardiologie (scc.ca) est la voix nationale des médecins et scientifiques spécialisés dans le domaine cardiovasculaire. Sa mission consiste à faire la promotion de la santé et des soins cardiovasculaires grâce à l’application des connaissances, au perfectionnement professionnel et au leadership en matière de politiques de la santé.

Organisme bénévole de bienfaisance en santé, la Fondation des maladies du cœur mène la lutte vers l’élimination des maladies du cœur et des accidents vasculaires cérébraux (AVC) et la réduction de leur impact, en contribuant activement à l’avancement de la recherche et sa mise en application, la promotion de modes de vie sains et la représentation auprès des instances responsables des politiques de santé.